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Atena et sa collection d'art d'époque romantique

Grand centre de table en bronze doré d'époque Restauration
Grand centre de table en bronze doré d'époque Restauration

 

"Paris romantique, 1815-1848" : l’exposition-événement du Petit Palais

 

Du 22 mai au 15 septembre 2019 le Petit Palais présente « Paris romantique », une exposition immersive qui nous plonge dans l’ambiance culturelle et artistique de l’époque romantique. On y découvre les intérieurs du palais des Tuileries ornés de meubles en bois blonds, les galeries du Palais-Royal avec ses objets de luxe, pendules, opalines et petits bronzes, les murs du Salon avec ses toiles « troubadour » et ses scènes de genre, et l'on s'émerveille devant l’engouement de toute une génération pour le Moyen-Age et le style gothique.

 

 

Galerie Atena et sa collection d’art d’époque romantique

 

Dans le sillage de l’exposition du Petit Palais, Galerie Atena met en lumière ses propres pièces d’époque romantique, une riche collection de bronzes, de pendules, de coffrets, de luminaires, d’objets de collection et d'objets en verre qui témoignent de l’effervescence artistique et de la finesse de l’artisanat des années romantiques.

 

Les pendules

 

Les pendules sont un vrai phénomène de mode, qui se développe dès la fin du XVIIIe siècle. Chaque personnage important de la société doit disposer d’une pendule sur sa cheminée. En outre, « l’élégance, la mode, veulent que la pendule du salon ne rassemble pas à celle du boudoir, et que celle de la salle où l’on mange, soit tout différente de celle de la chambre où l’on couche. C’est n’est pas tout, il faut aussi que dans la maison d’un prélat, les pendules ne soient pas semblables à celles qu’on voit dans la maison d’un général ; il faut que, pour chaque état, les pendules aient des ornements caractéristiques. Une petite maîtresse n'aura pas sur sa cheminée, une pendule ornée de sabres et de canons. Un grave magistrat ne voudra sur la sienne ni de Vénus, ni d'Amour » (Journal de Paris, 4 mai 1810).

 

Les commandes sont nombreuses et les styles variés, allant du gothique à la Renaissance et rocaille. Les fabricants de pendules cherchent à séduire leur clientèle en reprenant les sujets des tableaux appréciés aux Salons ou les personnages populaires des romans comme Esméralda de Notre-Dame de Paris publié en 1831 par Victor Hugo.

 

Pendule Esméralda

Pendule "Esmeralda" ou "La Danseuse au tambourin", Circa 1840

Pendule à la cathédrale

Pendule "à la cathédrale" en bronze doré et argenté

Jardinière néogothique

Jardinière murale en bronze doré néogothique

A la dernière exposition des produits de l'industrie de la Restauration, en 1827, le goût néogothique domine. Les horloges et les pendules de cheminée sont des objets privilégiés de ce style. Elles se transforment en petites cathédrales gothiques, ornées d’arcatures, d’ogives, de pinacles et d’arcs-boutants. Le cadran quant à lui, prend la forme d’une rosace. Ce modèle connu sous le nom de pendule « à la cathédrale » est très représentatif pour l’historicisme qui domine les années 1820 et 1830. Mais le goût gothique touche une large typologie d'objets du quotidien en bronze patiné et doré, comme cette jardinière murale à festons.

 

Les matériaux de boites des pendules sont d’une grande diversité. Beaucoup sont en bronze patiné, doré ou argenté, mais le cristal, la porcelaine, et la marqueterie Boulle sont également utilisés. Les pendules borne, les pendules à colonnes et les pendules portique en cristal taillé sont très recherchées.

 

Porcelaines et objets de décoration

 

Les pendules côtoient dans les appartements royaux et les intérieurs bourgeois de nombreux autres objets d’ameublement liés à la lumière, à l’art de la table ou à la toilette. Les bougeoirs et les somptueux candélabres en bronze ornés de couronnes de fleurs, de feuilles d’acanthe et des Amours portant les bras de lumières ornent les tables et les cheminées.

 

Paire de flambeaux Restauration en bronze doré
Pendule en porcelaine dans le goût de Jacob Petit
Brûle-parfum à décor de cygne, Circa 1820
Tasse en porcelaine de Paris à décor d'arcatures gothiques

Centres de table, coupes, vases de toutes tailles, encriers, semainiers néogothiques, brûle-parfums et miroirs sont dotés de motifs décoratifs admirablement ciselés. La finesse d’exécution et l’élégance des formes qui caractérisent ces objets confirment la virtuosité des artisans sous la Restauration.

 

Les statuettes et les petits objets en porcelaine de Paris sont très à la mode et omniprésentes dans les vitrines du Palais-Royal. Leurs formes rococo, leurs dorures, leurs couleurs chatoyantes et leurs ornements en relief répondent parfaitement au goût contemporain pour les décors Louis XV. Créé par le porcelainier parisien Jacob Petit, ce style de porcelaines aux ligne rocaille, aux formes chantournées et aux couleurs vives se développe dans les années 1830 à Paris.

 

Les opalines et les petits objets en verre

 

Dénommés « cristaux d’opale » dès l’Empire, et plus tard « opalines », cette appellation désigne plusieurs types de verreries colorées produites en France au XIXe siècle. Les plus anciens cristaux d’opale sont des verres au plomb mêlés à des colorants. Les anciennes recettes d’opacification adaptées au verre au plomb produisent une matière opalescente, dite « bulle de savon » ou « opaline savonneuse ».

 

Coupe en opaline aux oiseaux s'abreuvant, Circa 1820
Paire de flacons en opaline bleue à décor Desvignes

 

Les « couleurs d’opale » sont les autres nuances qui résultent de l’addition d’oxydes métalliques à cette composition opale de base. Ces verres de couleur rose appelée « hortensia » puis « gorge de pigeon », obtenue avec des sels d’or, ou bleue « turquoise » grâce aux oxydes de cobalt ou de cuivre, sont souvent montés en bronze doré. Les belles montures très finement ciselées de palmettes, d’entrelacs ou de motifs d'inspiration gothique accueillent coffrets, flacons, coupes et délicats petits bols. Leurs volumes sont bien équilibrés et leurs lignes, pures.

 

Vases en améthyste de Jean-Baptiste Desvignes
Paire de flacons en cristal d'opale savonneux, Circa 1820

 

Plus rares sont les décors peints et dorés fixés sur le cristal d’opale à basse température, réalisés par Jean-Baptiste Desvignes ou son atelier. Les tons, toujours mats, sont peu nombreux : le bleu sombre et le rouge, et la dorure domine. Sur certaines pièces, Desvignes réalise des petites scènes illustratives tirées des fables de La Fontaine, aux teintes délicates de bleu, ocre et vert.

 

La vogue des statuettes en bronzes

 

Grâce aux nouveaux procédés de réduction mécanique, la production de statuettes en bronze connait un incroyable renouveau sous la Monarchie de Juillet. Les petits bronzes reproduisant des statuettes antiques, des œuvres de la Renaissance ou des sujets animaliers s’adaptent parfaitement à la décoration des intérieurs bourgeois. Certains modèles sont destinés même à l’ornement des objets du quotidien : pendules, encriers et presse-papiers.

 

Groupe en bronze "Amazone blessée" de Théodore Gechter, Circa 1840
Encrier d'époque Romantique en bronze doré et patiné surmonté d'un chien

 

Le Palais-Royal et le commerce du luxe

 

Depuis le règne de Louis XIV, le quartier commerçant du Palais-Royal a été un lieu riche et étonnant de la vie parisienne. Situé dans un palais et un jardin au nord du Louvre, il appartenait à l’origine au cardinal Richelieu (1585-1642). Sous Louis-Philippe d'Orléans (1747-1793), duc de Chartres et futur « Philipe Egalité » pendant la Révolution, le palais a été refait et ouvert au public comme l’un des premiers "centres commerciaux" en Europe.

 

Charles Gavard d'après Pierre Fontaine, Vue de la galerie d'Orléans au Palais-Royal, 1834. © Petit Palais

 

Célèbre pour ses articles haut de gamme et la grande variété de produits disponibles, il a été l’un des marchés les plus importants en Europe. En plus de présenter un théâtre florissant et de nombreux restaurants, le vieux palais abritait de nombreux cafés, salons de jeu, boutiques, salons de coiffure, librairies et musées. Pour la royauté, les courtisans et les riches voyageurs étrangers, le Palais-Royal était l’incarnation du luxe.

 

L’apogée du Palais-Royal (1780-1830)

 

De 1780 à 1830, le Palais Royal connait sa période de gloire. Là, en effet, se trouve tout ce que la capitale peut offrir de mieux en fait de luxe et de distractions. Les marchands de mode, boutiques d'estampes et gravures, perruquiers, libraires et autres commerçants se partagent les dizaines de boutiques, tandis que les arcades accueillent une foule de prostituées, de joueurs ou de flâneurs attirés dans les passages couverts par le plaisir du shopping.

 

Les boutiques

 

Pour le commerce, le succès du Palais-Royal vient de l’abondance et de la variété des marchandises proposées. On y trouve des magasins de joaillerie, d’horlogerie, de petits bronzes, de porcelaine et de verrerie, mais aussi des marchands d’estampes, des tailleurs, des cabinets de lecture, un établissement de bains… Les marchandes de mode se tiennent surtout dans la galerie de Bois, construite en 1786 et composée de deux galeries bordées de quatre rangées de boutiques, qui en font l’ancêtre des passages couverts.

 

Boîte en nacre et bronze doré d'époque Charles X
Baguiers en nacre et bronze, travail du Palais-Royal, Circa 1820

 

Les objets vendus dans les galeries du Palais-Royal sont des produits de luxe, réalisés en matériaux précieux tels que la nacre, le vermeil, l’écaille, l’or ou le cristal, et très délicatement travaillés. La tabletterie, qui est la fabrication de boîtes et de coffrets, est bien représentée dans les vitrines du Palais-Royal. Outre les nécessaires pour dames, les nécessaires de toilette et de voyages, on peut admirer des petites boîtes à bijoux, des portefeuilles, des boîtes à jeux, des miroirs à main, des baguiers, des carnets de bal, des brûle-parfums et d’autres objets de fantaisie.

 

Carnet de bal en nacre et bronze, travail du Palais-Royal

Nécessaire à couture en nacre, cristal et argent, Circa 1825

Miroir pivotant et baguier en cristal et bronze Charles X

 

Tous ses objets montrent un savoir-faire exceptionnel, apprécié par les riches amateurs français et étrangers de passage à Paris. Certains d’entre eux portent une petite pensée en or émaillé, emblème des objets de luxe vendus dans les boutiques du Palais-Royal.

 

La fin des années folles du Palais-Royal

 

En 1830, le roi Louis-Philippe interdit le racolage des clients par les centaines de prostituées qui virevoltent sous les arcades du Palais-Royal et en 1836, les salles de jeu sont à leur tour fermées. Les théâtres et les spectacles vont dès lors s’installer sur les Grands Boulevards, mettant fin ainsi aux années de gloire du Palais-Royal.

 

Bibliographie

  • Paris romantique 1815-1848, exposition Petit Palais, 22 mai-15 septembre 2019, Paris, Editions Paris-Musées, 2019.
  • L’histoire du Palais Royal, Passerelles – BNF, s.d. [en ligne : http://passerelles.bnf.fr/dossier/palais_royal_01.php].
  • CHAMPIER, Victor, Le Palais-Royal d'après des documents inédits (1629-1900), Société de propagation du livre d'art, Paris, 1900 [en ligne : https://archive.org/details/lepalaisroyaldap01cham].
  • MANNONI, Edith, Opalines, Paris, Editeur Ch. Massin, 1976.
  • MÉON-VINGTRINIER, Béatrice, « Les galeries du Palais-Royal, ancêtre des passages couverts », Histoire par l'image [en ligne : https://www.histoire-image.org/fr/etudes/galeries-palais-royal-ancetre-passages-couverts].
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