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Antiquités & Arts Décoratifs

La pendule française d'époque Romantique

 

Bulletin des Arts Décoratifs

Juin 2012

 

 

 

 

 

 

La pendule française

d'époque Romantique

 

 

 

 

 

N°2

 

 

Dès la fin du XVIIIsiècle, des artistes s’élèvent contre la rigidité classique et le culte du beau idéal et  manifestent leur préférence pour des sujets plus réalistes, plus proches de leur temps.  Ce style nouveau exaltant l’émotion, la sensibilité, l’imagination et le fantastique se manifeste également sur les pendules d’époque Romantique.

 

 

Sous la Restauration, les bronziers prennent une place prépondérante dans l’art de l’horlogerie.  Ils traduisent avec virtuosité des scènes anecdotiques, des épisodes de la vie quotidienne, des architectures gothiques et des scènes exotiques. 

 

Les années 1830 marquent une évolution dans la grammaire ornementale des pendules. Dépourvues de personnages, elle sont ornées de motifs plus ou moins antiquisants comme les cornes d’abondance, les frises de palmettes, les guirlandes finement ciselées encadrant le mouvement en bronze doré ou les paniers fleuris, motif caractéristique de la Restauration.

 

Sous le règne de Louis-Philippe, ces motifs décoratifs deviennent plus chargés, plus abondants et d'une ciselure plus grasse.

 

 

Les  pendules à sujet connaissent une grande vogue auprès d’une nouvelle clientèle essentiellement bourgeoise. Le néo-classicisme, qui se perpétue sous l’Empire et la Restauration, fourni les scènes  et les personnages tirés

de la mythologie et de l’histoire antique.

 

Présents sur les pendules Louis XVI, ils  seront repris durant les trente premières années du XIX° siècle. Parmi les plus courants, on retrouve Apollon et Diane chasseresse copiés le plus souvent d’antiques gréco-romaines, Orphée, Mercure, Adonis, Chronos accompagnés des bas-reliefs copiés de vases  grecs, mais aussi et surtout Vénus et Eros, dieu de l’amour, couronnant Psyché ou tout simplement jouant de la harpe ou tambourinant.

 

 

 

Ce sont toutefois les scènes de la vie domestique les sources où l’on puise la plus communément. Les pendules que les inventaires appellent «modèle bibliothèque» montrent, à travers le choix représentatif d’objets de mobilier, l’atmosphère intime de l’étude. Le thème de la lecture, très souvent représenté sur les pendules du début du  XIX° siècle, est souvent associé à l’Histoire, aux Arts et aux Sciences.

 

 

Autour de 1830, les pendules émaillées connaissent une grande faveur. C’est l’époque où les scènes dans le goût néo-classique font place aux décors de fleurs d’inspiration romantique. Exécutées  en émaux champlevés de couleurs variées, les fleurs sont disposées en  compositions variées et parfois très élaborées comme en témoigne, par exemple, notre pendule signée Jacob Petit.

 

 

 

Si le Moyen-âge, Henri IV ou Marie Stuart passionnent vers 1820 les adeptes de l’historicisme, l’Extrême-Orient, quant à lui, fascine le monde occidental depuis le XVIIIe siècle. Le mouvement s’amplifie sous le règne de Louis XV, au point de donner le jour à de nombreux meubles et objets « dans le goût de la Chine ». La vogue de l’exotisme se poursuit dans les premières décennies du XIX° siècle, avec des sujets inspirés d’Afrique et d’Amérique.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur les pendules d’époque Romantique  on retrouve tout un vocabulaire puisant son inspiration dans des sources exotiques diverses, comme les populations noires, les Turcs ou encore les Chinois particulièrement appréciés par les amateurs. Ces motifs témoignent du goût de l’époque pour les pays lointains qui ne cessent pas d’enflammer les imaginations des artistes en quête de mystère et d’exotisme.

 

 

 

 

Bibliographie :

 

-La pendule à sujet du Directoire à Louis Philippe, Saint-Omer,Musée de l'Hôtel Sandelin, 26 juin-12 septembre 1993.
-Cardinal, Catherine, L'Horlogerie dans l'histoire, les arts et les sciences: chefs-d'œuvre du Musée international d'horlogerie de La Chaux-de-Fonds, Suisse, Lausanne, Scriptar, 1983.
-Dupuy-Baylet, Marie-France, « Les pendules des premières années du XIXe siècle et leur cortège d’objets mobiliers », L’Estampille/L’objet d’art, juin 1997, pp. 76-82.
-Dupuy-Baylet, Marie-France, « Les pendules des lendemains de la Révolution », L’Estampille/L’objet d’art, mai 1998, pp. 54-65.
-Kjellberg, Pierre, Encyclopédie de la pendule française du Moyen Age au XXe siècle, Paris, Editions de l'Aamateur, 1997.

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