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Les ménagères en argent au XIXe siècle

26 Février 2021 | Galerie Atena

Ménagère en argent massif, orfèvre Gorini Frères

Ménagère en argent massif, orfèvre Gorini Frères, Circa 1840

 

La ménagère, une invention du XVIIIe siècle

 

L’usage de mettre les couverts sur la table, autour de chaque assiette, se généralise à partir du XVIIe siècle, et surtout au XVIIIe siècle. Les grands services royaux, princiers et seigneuriaux font alors leur apparition, suivis d’autres modèles, plus populaires, qui entrent dans des collections. En or, argent ou laiton, les couverts sont très finement ouvragés, décorés d’animaux marins et fantastiques, de bustes d’hommes ou de femmes, de représentations religieuses, de motifs naturalistes et même de poèmes, dans l’espace allemand. De vraies pièces d’orfèvrerie sous la Renaissance, les ustensiles de table deviennent aux XVIIIe et XIXe siècles de véritables objets d’art ciselés de nombreuses manières, suivant les styles de chaque époque.

 

Henri Soufflot, Ménagère en argent massif, 164 pièces

Ménagère en argent massif 164 pièces signée "H. Soufflot orfèvre Paris"

Henri Soufflot, Couvert de service à poisson

Couvert de service à poisson à décor naturaliste et animalier, Circa 1890. Détail.

Henri Soufflot, Ménagère en argent massif, 164 pièces

Couvert de table en argent à motif de dragon, Maître orfèvre Henri Soufflot. Détail.

 

Le terme de "ménagère" date des années 1945-1950. Il désigne un ensemble de couverts de table réunis dans un coffret à l’intérieur compartimenté, souvent capitonné de tissu. Elle a été estampée pour la première fois au XVIIIe siècle lorsque les fabricants ont développé un procédé pour créer des fourchettes et des cuillères à partir de feuilles d’argent. Les couteaux individuels de table, souvent avec manches en nacre ou en ivoire, étaient alors absents des ménagères. Ils les intègrent seulement à partir du XIXe siècle où, avec la fourchette et la cuillère, ils forment le "couvert".

 

Ménagère en argent par Edmond Jamet, Paris

Ménagère en argent 122 pièces de style Louis XV, Maître orfèvre Edmond Jamet Circa 1870

 

Ménagère en argent ciselé par Henri Soufflot, comprenant 164 pièces

Ménagère 164 pièces, tiroir de présentation

 

A partir du milieu du XIXe siècle, les ménagères en argent massif étaient offertes comme cadeau de mariage, et permettaient aux personnes aisées de se déplacer avec leur argenterie. Symbole de prestige et de statut social, ces services d'argenterie portaient souvent la marque de leur propriétaire : monogramme ou armoiries, comme nos couverts de table Art nouveau, dont les manches sont monogrammés "WA", ou la ménagère Gorini Frères, dont les couverts comportent un blason et le monogramme "NT".

 

Ménagère en argent massif, orfèvre Gorini Frères

Ménagère 108 pièces de style néoclassique, Maison Gorini Frères, Circa 1840

Ménagère en argent massif, orfèvre Gorini Frères

Couverts de table avec blason et monogramme "NT", Gorini Frères, Paris. Détail.

Henri Soufflot, Ménagère en argent massif

Louche et cuillères à ragoût monogrammées "WA", Maître orfèvre Henri Soufflot

En plus du service de base (grande fourchette, cuillère à soupe, grand couteau et cuillère à dessert), la ménagère pouvait comporter un service à entremets et quelques autres services plus spécialisés, parmi lesquels :

  • Un service à poisson (avec une fourchette à dents plates et larges, et un couteau en forme de spatule),
  • Un service à crustacés (avec un couvert à huitre, une fourchettes à coquillages ou a escargot et une fourchette à homard ou a crabe),
  • Un service à dessert (avec une fourchette et plusieurs cuillères à dessert, à glace ou a moka).

Le couvert destiné à chaque convive pouvait être complété par des pièces destinées au service de tous. Parmi les plus courants, on retrouve :

  • Les couverts pour servir les légumes (une cuillère à soupe et une grande fourchette),
  • Les couverts pour servir la soupe (une louche),
  • Les couverts pour servir la salade (une paire de grands couverts à salade),
  • Les couverts pour servir la sauce (une cuillère à sauce),
  • Les couverts pour servir le poisson (une grande pelle et une grande spatule),
  • Les couverts pour servir les tartes (un couteau plat ou une pelle à tarte).

Généralement prévues pour 12 convives, les services les plus somptueux pouvaient monter jusqu’à 60 voire 120 couverts. Nos trois ménagères en argent sont très complètes. Elles comportent respectivement 108, 122 et 164 pièces, avec de nombreuses pièces complémentaires : fourchettes et cuillères à entremet, petits et grands couteaux et divers couverts à servir.

 

Henri Soufflot, Ménagère en argent massif, 164 pièces

Ménagère en argent 164 pièces dans son coffret en chêne, Maître orfèvre Henri Soufflot, Circa 1890

Henri Soufflot, Ménagère en argent massif, 164 pièces

Fourchette, cuillère à café, cuillère saupoudreuse à cuilleron repercé et pince à sucre avec monogramme, Henri Soufflot

 

Ménagère en argent ciselé par Henri Soufflot

Couvert de service à poisson à décor naturaliste de roseaux et feuillages, Henri Soufflot

 

Comment reconnaître l’argenterie ancienne ?

 

La plupart des ménagères anciennes que l’on trouve aujourd'hui sur le marché sont en argent massif. Mais comment reconnaître l’argent et surtout, comment différencier l’argent massif du métal argenté ?

 

Argent massif ou métal argenté ?

 

Ce qu’on appelle communément argent massif est en réalité un alliage d’argent avec un autre métal. En effet, trop malléable, l’argent ne peut pas être utilisé en état pur. On réalise alors un alliage composé le plus souvent de 925 millièmes d’argent (92,5%), mélangé à du cuivre pour le rendre plus solide. Le titrage d’argent est différent d’un pays à l’autre et selon les époques, mais il est toujours soumis à une réglementation stricte.

 

Le métal argenté désigne un objet en métal (généralement cuivre et bronze) recouvert d’une très fine couche d’argent grâce à la technique de la galvanoplastie. La galvanoplastie est un procédé inventé au XIXe siècle par les Anglais George et Henry Elkington, qui permet de recouvrir un métal ordinaire d’une couche d’argent. Ce procédé est exploité en France par Charles Christofle, à partir de 1844.

 

Il est important de savoir différencier les pièces en argent dit massif des celles en métal argenté qui a une moindre valeur.

 

Les poinçons d’argenterie

 

Il y a plusieurs éléments à prendre en compte pour évaluer une pièce d’argenterie : le poids, la qualité, l’orfèvre, l’aspect ou encore le style. Mais l’élément le plus digne de confiance reste le poinçon, qui renseigne sur le métal précieux utilisé, la date de fabrication, l’origine de l’objet et l’auteur de l’ouvrage.

 

Au XIXe siècle, les pièces d’argenterie fabriquées en France comportent obligatoirement le poinçon de garantie, auquel s’ajoute souvent le poinçon du fabricant :

 

  • Le poinçon de garantie est apposé par l’administration garante de la teneur en métal précieux de l’objet. Il existe deux formes de garantie :
     
    1. La grosse garantie ou poinçon de titre : sur les objets de fabrication nationale testés par coupellation pour l’or, ou par voie humide pour l’argent. A partir de 1838, le poinçon de garantie pour l’argent est une tête de Minerve tournée vers la droite. Cet alliage très qualitatif est composé de 950 millièmes d’argent (95%) pour le 1er titre, et 800 millièmes d’argent (80%) pour le 2e titre.
    2. La petite garantie est apposée sur les ouvrages essayés au touchau ou sur les objets qui ne peuvent supporter la marque des gros poinçons. A partir de 1838, le poinçon de petite garantie est une tête de sanglier (800 millièmes, soit 80%) , entourée d’un listel.

 

Ménagère en argent par Edmond Jamet, Paris

Ménagère par Edmond Jamet, poinçon Tête de Minerve - Argent 1er titre (à partir de 1838)

Ménagère en argent massif 108 pièces de style néoclassique

Ménagère par Gorini Frères, poinçon de fabricant avec les initiales "LG" dans un losange

Ménagère en argent massif, orfèvre Gorini Frères

Ménagère par Gorini Frères, couteau avec l'inscription "Paris" sur la lame

 

  • Le poinçon de maître est insculpté par le fabricant. En application de la loi du 19 brumaire an VI (9 novembre 1797), on y trouve ses initiales et un symbole différent pour chaque fabricant. La forme de ce poinçon est un losange, le symbole figurant au centre, les initiales du nom et du prénom à chaque extrémité. Il représente la signature de l’atelier qui a réalisé l’objet. Chaque fabricant est tenu de se faire enregistrer au service de la garantie de son département et de déposer le dessin de son poinçon de maître.

En plus des poinçons de garantie et de maître, une pièce en argent peut également être représentée avec l’endroit ou elle a été fabriquée, comme nos couteaux marqués "Paris", ou la signature d’un orfèvre connu, comme Henri Soufflot.

 

Comment entretenir son argenterie ?

 

L’argent massif a une oxydation spécifique, il noircit après plusieurs mois au contact de l’air, mais un bon nettoyage est généralement suffisant pour lui rendre son éclat d’origine. Quoique fastidieux, le nettoyage de l’argenterie est très efficace, et de nombreuses techniques professionnelles ou faites maison existent pour raviver et faire briller la vaisselle ternie.

 

Nos ménagères en argent massif sont en très bon état général, présentant seulement de légères oxydations par endroit. Un nettoyage léger à l’eau et alcool est suffisant pour l’entretien de ces pièces d'argenterie. Pour ce faire, mélangez dans un récipient 50% d’alcool ménager et 50% d’eau minérale. Ensuite, imbibez un chiffon et frottez délicatement jusqu'à ce que les taches noires disparaissent. Pour terminer, rincez à l’eau et essuyez avec un chiffon doux, puis frottez légèrement pour faire briller.

 

Ménagère en argent massif 108 pièces de style néoclassique

Service de couverts de table par la Maison Gorini Frères, époque Louis-Philippe

 

Une fois l'argenterie nettoyée, il est recommandé de la conserver dans un endroit clos (dans son coffret d'origine par exemple). Le but étant de limiter au maximum le contact avec l’air ambiant afin d'éviter l’oxydation.

 

 

Où acheter son argenterie ?

 

 

Les ménagères anciennes, complètes et restaurées sont à ce jour très prisées. Elles sont disponibles à la vente dans des brocantes, sur des markerplaces spécialisées, ou dans des galeries d’antiquités comme la nôtre. Sur notre boutique en ligne vous pouvez trouver des ménagères en argent massif d’une très grande qualité. Elles comportent un grand nombre de pièces individuelles et de service, et sont réalisées par des orfèvres renommés tels que Henri Soufflot, Edmond Jamet et Gorini Frères. Complètes et en excellent état d’origine, nos ménagères se remarquent par une décoration exquise, de style Louis XV, néoclassique ou Art nouveau. Les couverts en argent sont conservés dans leurs coffrets d’origine en bois, monorammés et marqués par l’orfèvre joaillier.

 

Henri Soufflot, Ménagère en argent massif, 164 pièces

Grande ménagère 164 pièces dans son coffret en chêne capitonné de velours

Ménagère en argent massif, orfèvre Gorini Frères

Grande ménagère 108 pièces dans son coffret en chêne et laiton

Henri Soufflot, Ménagère en argent massif, 164 pièces

Ménagère 164 pièces par l'orfèvre Henri Soufflot à tiroirs de présentation coulissants, fin du XIXe siècle

 

Henri Soufflot, Ménagère en argent massif, 164 pièces

Coffret en chêne et ferrures en laiton, signé sur la serrure par Henri Soufflot