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Antiquités & Arts Décoratifs

Argenterie française

Bulletin des Arts Décoratifs

Mars 2013

L'argenterie  française  au XIX° siècle


N° 6
De 1820 à 1890, l’orfèvrerie française est marquée par l’éclectisme et le goût des styles les plus variés. De la rigueur néoclassique de l’Empire aux élans de fantaisie de l’époque romantique et au naturalisme spectaculaire de l’Art nouveau, l’orfèvrerie aborde tous les styles en les interprétants, les juxtaposant et les réinventant. 
L'orfèvrerie désigne le travail des métaux précieux, essentiellement l'or et l'argent (du latin auri et faber, ce qui signifie "artisan de l'or"). Cependant, à cette époque caractérisée par la diversification et le perfectionnement des techniques de reproduction, l’orfèvrerie ne se limite pas aux seuls objets d’or et d’argent, mais inclue également des pièces fabriquées en cuivre galvanique, bronze, fer damasquiné et vers la fin du siècle, en étain.
 
 
Avec la Restauration, certains orfèvres repoussent le style rigoureux de l'Empire et les formes austères s'alourdissent et se chargent d'ornements. Jean-Baptiste-Claude Odiot, l'orfèvre attitré de la cour et de la famille de l'Empereur Napoléon Ier, réalise des pièces de style Louis XV pour compléter un service pour le duc de Penthièvre. A la même époque, S. J. Dupezard crée un intéressant confiturier décoré de couples de personnages antiques et de cornes d'abondance torsadés.
 
Dans les années 1820, les styles du XVII° et XVIII° siècles sont complètement réhabilités. Orfèvres et fabricants de «plaqué», procédé traditionnel découvert en 1743 qui consiste à appliquer une feuille d’argent sur le cuivre, s’inspirent du style Regency, vu comme une interprétation simplifiée du style Louis XV. Les pièces ventrues, les formes godronnées dites « côtes de melon » se surchargent de feuillages. Toutefois, des nombreux orfèvres réalisent des pièces exceptionnelles qui marient argent et cristal dont la taille est d'une extrême finesse pendant le règne de Charles X.
L'époque romantique exalte l’histoire nationale et tout ce qui rappelle l’Antiquité classique est rejeté au profit des styles appréciés comme authentiquement français. 
Rétablis par la vogue des œuvres de la Renaissance, la ciselure et le repoussé atteignent dans les années 1830 une perfection sans égal. Les commandes deviennent nombreuses. Des fameux orfèvres de l'époque livrent des services de style Renaissance et dans le goût du XVIIIème siècle aux grands figures des cours européennes comme le baron de Rothschild et la duchesse Hélèné de Russie. Ce jeu rétrospectif sans doute favorisé par la duchesse de Berry annonce les somptueux décors de la seconde moitié du XIXème siècle.
A partir de 1844, Charles Christofle met au point un nouveau procédé bon marché: l'argenture électro-chimique. Celle-ci consiste à provoquer par électrolyse le dépôt d'une mince couche d'argent, d'or ou de platine sur une pièce en cuivre ou en tout autre métal.
Le succès de l'argenterie électro-chimique entraîne le déclin des fabricants de plaqué.  Après 1850, il est courant de voir les orfèvres s'entourer de nombreux collaborateurs, parmi lesquels des dessinateurs, modeleurs et émailleurs.
De plus, ils collaborent avec des sculpteurs renommés tels que Froment-Meurice, Falguière, Chapu, Mathurin-Moreau et Carrier-Belleuse.  
Ils ornent les pièces d'orfèvrerie de style Renaissance, Louis XV et Louis XVI de figures allégoriques et mythologiques: amours, centaures, victoires, dieux d'Olympe, tritons, nymphes. Ces personnages sont réalisés dans des matières le plus diverses: topazes, porphyre, jaspe, émail, améthyste, ivoire et cristal. 
Vers la fin du siècle, face à cette abondance décorative qui dévore les surfaces, on ressent le besoin de se tourner vers la nature. Falize puis Christofle, Vever et Cardeihhac décorent des pièces en argent ou métal de végétaux naturalistes traités en toute liberté. Feuilles de choux et branches de céleri se substituent progressivement aux rinceaux et rocailles et, sur couvercles, les faucheurs, semeurs et animaux de la ferme remplacent les figures allégoriques.
Bibliographie

ARMINJON, Catherine, L’orfèvrerie au XIX° siècle, actes du colloque international Galeries nationales du Grand Palais, 12-13 déc. 1991, Paris, La Documentation française, 1994.
GRANDJEAN, Serge, L’orfèvrerie du XIX° siècle en Europe, Paris, Presses universitaires de France, 1962.
KJELLBERG, Pierre, « L’argenterie française du 19siècle 1830-1890 », Connaissance des arts, n296, octobre 1976, pp. 59-67.

 


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